Bilan de l’action « Sauvons nos écoles, non à la loi Blanquer » du samedi 30 mars

Les parents d’élèves élus remercient toutes les personnes qui se sont déplacées aujourd’hui pour soutenir l’action contre la loi Blanquer. Des parents d’élèves de Fréville, de Betteville, de Bouville, de Saint-Wandrille… étaient présents pour manifester leurs inquiétudes. Inquiétudes, partagées également par les habitants présents, non-concernés directement par cette loi mais impactés par la dégradation du service public. Dans nos campagnes, l’école est bien souvent le seul service public qui nous reste. Si on nous enlève nos écoles, c’est la mort de nos communes.

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Avant la manifestation, nous avons pu nous entretenir avec le maire de Saint Martin de l’If Sylvain Garand, la Conseillère Départementale Agnès Largillet et le député Christophe Bouillon à la mairie de Fréville.

Les parents d’élèves de Bouville sont mobilisés contre la fermeture d’une classe dans leur école. Les effectifs étant stables (110 élèves inscrits), ils ne comprennent pas la raison de cette fermeture qui impliquera des effectifs de 30 à 35 élèves par classe à la rentrée ! Les parents se demandent si la suppression du poste à Bouville ne s’explique pas par la promesse de dédoublement des CP/CE1 en REP+ alors que l’Éducation Nationale cherche par tous les moyens à réduire le nombre de professeurs.

Le député explique qu’il n’existe pas de seuil officiel de fermeture de classe. Il nous apprend qu’il existe un classement des écoles (fonction uniquement de critères socio-économiques du secteur). Le rectorat n’ayant pas assez de postes de professeurs pour l’académie, l’arbitrage se fait par rapport à cette liste.

Les petites écoles sont tout particulièrement menacées. Plus les écoles sont importantes, plus elles ont de classes, plus le coût par élève est bas pour l’Éducation Nationale (les classes sont plus facilement à l’effectif maximum, et le rectorat n’est pas obligé d’envoyer des remplaçants…) . Il faut donc remplir au maximum nos classes pour que nos petites écoles puissent survivre. Pour combien de temps ? Comme en témoigne la création des EPSF (Établissements Publics des Savoirs Fondamentaux), le ministre VEUT de grosses structures.

Nous, nous ne voulons pas d’une école au rabais. Nous ne voulons pas de regroupements imposés d’écoles, qui vont obliger nos enfants à passer du temps dans des transports scolaires. Nous ne voulons pas que nos enfants de CM1-CM2 (9-10 ans) soient obligés d’aller étudier dans le collège de secteur.

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Par ailleurs, avec la loi Blanquer les municipalités vont être obligées de participer financièrement à la scolarisation des enfants de maternelle du privé (plusieurs centaines de millions d’euros). Le budget des communes étant toujours en baisse, cela se traduira certainement par une baisse de dotation pour les écoles publiques. Plus grave encore, cela porte atteinte à la mixité sociale à l’école. Les parents de maternelle auront maintenant moins à payer pour scolariser leurs enfants dans le privé. Beaucoup de parents qui hésitaient entre privé et public mettaient leurs enfants à l’école maternelle publique, puis voyant que ça se passaient bien, que leurs enfants avaient des amis, les laissaient dans le public en élémentaire. Nous verrons à brève échéance les conséquences de cette loi.

Les parents s’inquiètent également de la possibilité offerte par la loi Blanquer d’engager de simples étudiants de L2, des « pions », en qualité de remplaçant. L’école n’est pas une garderie, les remplaçants doivent être diplômés et formés pour enseigner. Mais ça coûte plus cher… Par ailleurs cette année encore, les « apprentis-enseignants » qui avaient loupé de peu le concours de professeur des écoles, étaient inscrits sur liste complémentaire. On faisait appel à eux pour des missions de remplacement. La liste complémentaire de l’académie de Rouen est à zéro pour l’année prochaine. Pourquoi ?

Le député alerte les parents sur la question du handicap à l’école. La situation ne va pas s’arranger avec cette nouvelle loi, qui mutualise encore davantage les AVS / AESH (Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap) .

Enfin les parents sont perplexes quant à la création d’un nouveau Conseil d’Évaluation de l’École (dont les membres seront nommés par le gouvernement 😦 ). Si on y ajoute le nouveau devoir d’exemplarité de nos enseignants, on ne peut que se préoccuper de ce que nous réserve l’Éducation Nationale…

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Le système éducatif français est loin d’être parfait, mais cette vision actuelle de l’Éducation Nationale, purement comptable, nous fait peur. L’école est un INVESTISSEMENT ! En la fragilisant pour faire des économies, on hypothèque sérieusement l’avenir des enfants de notre pays.

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